Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 12:25

Pour le MLEM 13 B, envoyez-moi vos exposés par mail ou à mon adresse postale (R. Waller 18 rue Geiler 67000 Strasbourg) ou déposez-les dans mon casier au Portique : il n’en sera tenu compte que dans la mesure où ils amélioreront votre note (note d’examen, ou note plancher) ; il n’est pas exclu non plus, même si c’est peu probable, qu’ils puissent constituer votre note…

Les exposés ne changent pas et portent sur tout le programme initial (Zola + Apollinaire), mais en cas de reprise victorieuse des cours, le programme sera limité à La Bête humaine (sinon je vous ferai parvenir des cours par mail).

 

Pour le MLEM 92 B, un éventuel examen ne portera que sur les cours faits. Vous pouvez me remettre un travail écrit présentant tout ou partie (articles, suivant le cas) d’un ouvrage de la bibliographie.

Pour Freud, ce qui semble le plus raisonnable, est de présenter Cinq leçons sur la psychanalyse, ou les articles : « Le Moïse de Michel-Ange », ou « La création littéraire et le rêve éveillé », ou « L’inquiétante étrangeté » des Essais de psychanalyse appliquée. L’Introduction à la psychanalyse est énorme (comme La Révolution psychanalytique de M. Robert) : mais libre à vous !

Je vous recommande vivement aussi Roman des origines et origines du roman de M. Robert, parce qu’il travaille les liens entre littérature et psychanalyse, et qu’il est d’une lecture plus facile que l’ouvrage de D. Anzieu (très intéressant aussi, mais assez ardu : si vous le présentez vous pouvez vous limiter à la partie théorique sur la création artistique et ne pas rendre compte des cas de peintres et d’écrivains examinés).

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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 06:56
Nouveau communiqué du président de l'UDS hier soir qui essaye visiblement de mettre le feu à l'université:

Dans mon communiqué de la semaine dernière, j’avais condamné toute
tentative de reprise du blocage et proposé de recourir à des moyens
d’expression qui soient d’une part compatibles avec le fonctionnement
de l’université et d’autre part respectueux de la liberté de chacun
d’agir et de se déterminer en citoyen libre. Force est de constater
qu’une minorité impose aujourd’hui la continuation du blocage, sans
tenir compte des voix contraires qui se sont exprimées dans toute
l’université. Ce blocage se déroule dans un climat de forte tension,
des portes sont fracturées, des issues sont bloquées.

Ceux qui en ont pris la responsabilité nient et jugent illégitimes les
pétitions des étudiants, les prises de position des directeurs de
composantes, les votes des AG dans les composantes. Ils ignorent
délibérément le découragement et l’exaspération des personnels
affectés par le blocage.

Aujourd’hui, l’Université, institution libre, ouverte et plurielle ne
peut plus tolérer d’être otage, dans son fonctionnement, d’un conflit
et d’une lutte qui ne sont plus fondés sur une expression cohérente de
revendications motivées. Face à cette tentative de déstabilisation, il
est temps que chacun prenne ses responsabilités. En effet, par ce
détournement inacceptable, le mouvement qui est né d’inquiétudes
réelles et de revendications légitimes, apparaît comme totalement
dénaturé.
 
 
Alain BERETZ
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 20:20

               Proposition de motion (8e Coordination Nationale des Universités) :

« Pour une démocratie de la connaissance et une politique universitaire de l’interdisciplinarité »

 

                         

 

 

I-                   Motivation du projet 

        Neuf semaines et sept coordinations nationales universitaires ont permis de construire un dispositif de résistance active et unitaire aux contre-réformes impulsées par les pouvoirs publics dans les domaines de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la formation des enseignants : mise en place de la LRU, mastérisation de la formation enseignante, réforme du statut de l’enseignant-chercheur…

       Une deuxième étape est à franchir, qui doit contribuer à alimenter la mobilisation universitaire et à la transformer en force de débat et de propositions critiques et constructives : il s’agit de promouvoir et d’inventer, au sein même des universités et du secteur de la recherche, des solutions alternatives à l’instrumentalisation du système public qui conduit aujourd’hui à un mode de développement purement comptable, anti-humaniste et anti-démocratique. Elles consisteraient, entre autres démarches, en une mise à plat et une évaluation critique des dispositifs institutionnel et programmatique des ministères, lesquels s’inscrivent dans le contexte de l’ « Economie de la connaissance » (stratégie de Lisbonne).

 

II-                Motion proposée : création d’une commission thématique « Pour une démocratie de la connaissance et une politique universitaire de l’interdisciplinarité »

         

Le dispositif stratégique mis en place pour l’édification d’une « Economie de la connaissance » définie à Lisbonne (par le Conseil européen de mars 2000) se traduit par un ensemble de mesures à la fois institutionnelles et programmatiques, qui remettent en cause la liberté de recherche et d’enseignement de même que l’égalité entre champs disciplinaires, entre universités, entre régions, entre enseignants comme entre étudiants.

1-      Critique du dispositif institutionnel 

         La paupérisation et la privatisation des missions de l’Université va de pair avec la création de structures parallèles et concurrentielles, visant à renforcer la recherche comme stricte ressource du développement économique au détriment de la recherche fondamentale, de l’articulation de la recherche et de la formation, et d’un enseignement supérieur à vocation de service public : création des pôles régionaux de compétitivité, des pôles d’excellence (plan Campus) contrôlés par l’industrie, de l’ANR et de l’AERES gérés par l’exécutif au détriment du CNRS comme pôle central et autonome de la recherche nationale, menace de destruction des IUFM et des IUT comme instituts indépendants de démocratisation de la formation des enseignants et de l’enseignement technologique… Simultanément se profilent la casse et la privatisation de l’Ecole comme service public d’éducation.

2-      Critique du dispositif programmatique 

         Par une refonte complète du dispositif institutionnel, le gouvernement entend instaurer une instrumentalisation sélective des sciences et des techniques pour les besoins des marchés, ce qui conduit à une marginalisation proportionnelle des sciences humaines et sociales, humanités, Lettres  et arts, considérés comme moins rentables et inadaptés au marché de l’emploi. Ce déséquilibre entre les champs disciplinaires entraînerait à terme des conséquences catastrophiques en matière de transmission aux nouvelles générations des savoirs, des cultures et des systèmes de valeurs, à l’échelle nationale.

           

3-  Pour une alternative démocratique de recherche et d’enseignement

           En conséquence, une commission thématique est créée par la CNU, dont les objectifs seront les suivants : l’étude critique du dispositif stratégique mis en place et la construction de nouveaux dispositifs de recherche et d’enseignement qui soient des alternatives démocratiques, solidaires et viables émanant de la communauté de recherche et d’enseignement elle-même. Les principes retenus sont entre autres les suivants :

           - promouvoir la coopération et la solidarité interdisciplinaires, en particulier à l’égard des disciplines discriminées en valorisant la fonction critique et utopique des sciences sociales et des humanités au sein de la société.

           - défendre et renforcer les Unités Mixtes de Recherche pour développer les associations pluri- et transdisciplinaires entre les organismes de recherche et les universités.

          - favoriser les échanges entre les cultures de recherche et soutenir leur parité institutionnelle contre les politiques d’uniformisation et de négation des singularités disciplinaires.

          -  Favoriser et soutenir l’émergence de nouvelles disciplines en explorant et en développant les liens de recherche entre les sciences exactes et les sciences humaines et sociales, notamment les relations entre Humanités et disciplines scientifiques.

 

Ces réflexions pourront être conduites en concertation avec des membres d’autres coordinations (CNFDE, Coordination des Labos, AG nationale « Ecole en danger », Coordination Nationale des Etudiants, sociétés savantes…). Les résultats des travaux de cette commission seront diffusés dans le monde universitaire et de la recherche, auprès des élus et de l’opinion publique et envoyés au ministère après accord de la CNU.

 

Motion proposée par Arnaud Bernadet (Besançon), Martine Boudet (Toulouse) et Pascal Maillard (Strasbourg)

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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 19:22

Les semaines écoulées ont été marquées par de nombreux épisodes de
blocage de différents bâtiments de l’Université. Je pense en
particulier au Patio et au Portique et à tous ceux qui, dans ces
bâtiments, ont vécu difficilement ce temps de blocage et d’occupation.

Depuis le début du mouvement, la présidence de l’université a toujours
maintenu le dialogue avec les étudiants et les personnels qui s’y sont
engagés. Aux reproches d’attentisme, voire de laxisme qui nous ont été
adressés, je ne peux qu’opposer le constat, que chacun peut faire, que
tout a été mis en œuvre pour que le mouvement puisse s’exprimer et que
tout débordement soit évité. En revanche, j’ai toujours souligné que
je ne transigerai pas sur la sécurité des personnes et des biens

Après la période de suspension des enseignements liée au sommet de
l’OTAN, le 6 avril, l’université rouvre ses portes. Les directeurs des
UFR hébergées au Patio m’ont demandé « instamment de faire lever le
blocage afin que [leurs] locaux soient accessibles et utilisables dès
le 6 avril au matin ». Des enseignants et des étudiants, dont beaucoup
soutiennent le mouvement, des personnels BIATOSS me font la même
requête, parfois sous forme de pétitions.

Je demande donc que tous les bâtiments de l’Université de Strasbourg,
sans exception, soient et demeurent accessibles, libres de toute
occupation nocturne, à partir du 6 avril, afin que l’enseignement
puisse y être assuré et les examens s’y tenir. L’expression des
revendications y sera bien sûr possible et facilitée dans la mesure où
elle respectera le libre arbitre de tous les usagers de l’université.
Il s’agit d’une mesure indispensable pour que le semestre puisse être
validé par et pour ceux qui le souhaitent.

Le Congrès de l’Université de Strasbourg du 13 février a manifesté par
une motion adoptée à l’unanimité des positions claires de rejet des
projets de réforme assorties de propositions concrètes dans tous ces
domaines. Cette volonté ne peut aujourd’hui s’exprimer que dans un
esprit de dialogue au sein d’une université ouverte et accessible à
tous.

Avec les représentants des étudiants et les syndicats des personnels
je suis disposé à étudier toutes les possibilités d’expression du
mouvement, permettant de concilier la mobilisation et les activités de
formation, de recherche et le travail administratif.

 

Alain BERETZ


-Droit de réponse:

Monsieur le Président de l'Université de Strasbourg,


Je vous écris ici pour opposer mon droit de réponse suite au mail que vous avez largement diffuser aux personnels, enseignants et étudiants de votre université, et en qualité d'étudiant en Master au sein de cette même université.

Les semaines écoulées ont en effet été riches en évènements, dont des blocages de bâtiments comme vous le soulignez. Je tiens néanmoins à replacer ces faits dans leurs contexte en précisant les raisons qui ont poussé les étudiants, personnels et enseignants de votre université à voter en Assemblée Générale les différents blocages que vous recensez;

Voici plus de 8 semaines que la communauté universitaire strasbourgeoise, en solidarité avec la communauté universitaire de tout le pays est mobilisée contre les projets de réformes du gouvernement concernant l'Enseignement Superieur et la Recherche.

Nous n'avons eu de cesse de nous mobiliser contre la réforme dite de "Masterisation" sur la formation des enseignants car nous demandons une concertation globale sur cet enjeu majeur de l'Education française et souhaitons participer à l'élaboration d'une formation de qualité pour les futurs enseignants, garantissant ainsi un enseignement de qualité pour les futurs générations d'élèves et d'étudants.

Nous nous sommes mobilisés et continuons de le faire sur le décret des EC ( Enseignants-Chercheurs ) car nous croyons en la force et en l'efficacité d'une recherche libre de toute nécéssité de rentabilité immédiate et que nous tenons à affirmer notre volonté d'une recherche indépendante ainsi que l'importance de sa mise en relation avec l'enseignement.

Nous sommes encore aujourd'hui mobilisés aprés 8 semaines de grève active contre la privatisation de nos universités, conséquence directe de la loi LRU qui menace a court comme à long terme les filières dites "non rentables". Car je vous pose la simple question, quel chef d'entreprise ira investir des millions d'euros dans une filière qui ne lui rapportera pas un sou ?

Nous rejettons la logique de mise en concurrence de nos lieux de travail et d'études, le savoir n'est pas une marchandise.

Aujourd'hui, chacun de nous est à même de prendre conscience du choix de société qui nous est imposé à travers ces réformes -parmis tant d'autres-, le choix entre une société de connaissances, de culture et de savoirs et une société du tout économique et du tout rentabilisable qui n'hésite pas à sacrifier l'éducation et la recherche au nom de quelques euros.
C'est de ce choix qu'il est aujourd'hui question, et c'est contre ce projet de société que nous avons pris le risque de mettre nos semestres en danger.

Où en sommes nous aujourd'hui concrètement ?
Le gouvernement n'a opéré que de petits reculs aprés 8 semaines d'une mobilisation forte et unanime de toute la communauté universitaire française, se recroquevillant sur des réformes que tous dénoncent. La seule réponse à laquelle le mouvement sans précédent dont nous sommes partie intégrante a eu droit est une répréssion policière particulièrement violente et un mépris profond et assumé.

A l'heure d'aujourd'hui, Mme Pécresse, Ministre de l'Enseignement Superieur et de la Recherche consent enfin à quelques reculs, notamment sur les 130 postes rétablis au CNRS. Des avancés ont également été faites sur le statut des enseignants chercheurs, même si certaines zones d'ombre restent à éclaircir.
Enfin sur la réforme dites de "Masterisation", Mr Darcos, Ministre de l'Education Nationale n'a opéré aucun recul significatif; si les concours resteront en place l'année prochaine, la "Masterisation" entrera bien en vigueur. Nous n'en demandons pas le report mais le retrait, et celà depuis le début de notre mouvement.

Enfin plus grave encore, sur les conditions de travail des personnels BIATOSS et ITA, aucune avancée n'a encore été faites, tout juste le sujet a t'il été abordé. Il en va de même de pour les conditions de vie des étudiants dont on sait qu'un étudiant sur deux aujourd'hui est obligé de se salarier pour payer ses études.

Monsieur le Président de l'Université de Strasbourg, voilà les raisons qui font que partout en France les universités sont perturbées, sujettes à des blocages et que le semestre est remis en cause. Celà ne tient pas de la volonté des étudiants, enseignants et personnels grèvistes mais bien d'une attitude gouvernementale frisant " l'autisme " pour reprendre les propos de votre collègue G. Molinié, Président de Paris IV.

Sachez, Monsieur le Président de l'Université de Strasbourg que j'ai un profond respect pour votre gestion de cette crise sans précédent, que vous avez su gérer avec calme et parcimonie.

Cependant je ne peux que m'opposer à votre volonté de mettre fin à tout blocage, même si je comprend aisémment votre volonté d'assurer le plus normalement possible la tenue du deuxième semestre universitaire. Les circonstances sont exceptionnelles et nécéssiteront des mesures exceptionnelles auxquelles je vous demande de réfléchir dés a présent, car le mouvement ne saurait s'arrêter là où il en est actuellement.

Je vous demande le plus respectueusement possible de ne pas aller à l'encontre de la volonté de l'ensemble des personnels, enseignants et étudiants en lutte depuis maintenant plus de 8 semaines et dont la voix s'exprime à travers les Assemblées Générales.

Nous avons le même combat, celui de garantir la grandeur et l'efficacité de l'Université Française, de l'Education et de la Recherche.

Vous parlez, Monsieur le Président de l'Université de Strasbourg des semaines de cours tronquées au calendrier universitaire. Nous en sommes tous conscients et nous en avons tous été conscient dés le premier jour de notre mobilisation. Ces semaines sont autant de sacrifices de la part d'enseignants, de personnels et d'étudiants qui aiment leur travail et leurs études et entendent par cet acte les défendre.

Nous demander aujourd'hui de rompre avec l'idée même d'un blocage de l'Université revient à nous demander de fouler au pied tous ces sacrifices et d'accepter de laisser se mettre en place des réformes dont nous avons combattu la logique, la forme et le fond durant plus de deux mois.

Pourquoi le blocage est il un point si important dans notre "lutte" ?
Le blocage est une modalité d'action qui nous donne un poid qu'aucun autre mode d'action ne saurait nous donner, en nous permettant notamment de peser sur le calendrier universitaire. Il est un moyen -et non une fin- de permettre à ceux qui souhaitent se mobiliser de le faire sans avoir à craindre pour leurs cours, que celà soit du coté des étudiants ou de celui des enseignants. Le blocage symbolise enfin la possibilité de pouvoir nous regrouper et nous organiser à partir d'un point fixe qu'est notre lieu de vie quotidien; l'Université que nous entendons défendre.

Croyez bien qu'à travers le pays d'autres modalités d'actions sont experimentées. Je n'en citerai que quelques unes comme la "ronde infinie des obstinés", des manifestations à répétition depuis 8 semaines, des manifestations nocturnes, des occupations de lieux symboliques et stratégiques, des blocages de lieux économiques, la Nuit du Palais U, des rallyes lectures, etc etc ...

Notre volonté n'est pas de gêner les étudiants, dont nous faisons nous même partie, mais de marquer notre opposition contre les réformes imposées.

Si lundi nous levons le blocage sur votre demande, vous pourrez dire que vous avez enterré le mouvement de contestation sur Strasbourg, facilitant ainsi le passage des réformes contre lesquelles nous nous mobilisons. Car enfin si le blocage n'est pas reconduit, et l'occupation de nuit interdite, chaque étudiant, grèviste ou non grèviste ne sera plus préoccupé que par ses révisions. Les actions et les manifestations seront désertées et chacun ne pourra que pleurer les deux mois de sacrifices faits qui n'auront servit à rien.

C'est pourquoi, avec tout le respect que je vous dois Monsieur le Président de l'Université de Strasbourg, je vous demande de revenir sur vos paroles, au nom de tous ceux de vos enseignants, de vos personnels et de vos étudiants qui se battent aujourd'hui pour garantir l'avenir d'une Université et d'une Education de qualité qu'ils sentent menacées. Je vous invite une nouvelle fois à réfléchir tout comme nous essayons de le faire à des modalités d'examens aménagés permettant à tous de s'y retrouver.

J'ai moi-même payé mon inscription au sein de votre université, je puis vous garantir que je ne fais pas le choix de la grève par facilité ni par plaisir.

Je vous remercie de votre attention,
Avec tout mon respect,
Swann, étudiant en Master a l'UdS.

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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 19:08
Mastérisation des Concours pour l’Enseignement secondaire : l’épilogue Italien
Un aperçu des dérives de la reforme Darcos
C. Murolo
MCF - Centre de Mathématique Informatique Université de Provence - 
1-04-09
[n’appartenant à aucun courant politique, aucun syndicat ]
http://www.cmi.univ-mrs.fr/~murolo/UF/Derives.pdf

Le modèle de parcours pour le recrutement des professeur du secondaire
proposé par X. Darcos
est très similaire au modèle en fonction en Italie entre 1980-2000 qui
conjuguait Capes et Agrégation en un concours unique (de difficulté intermédiaire) à passer
après 4 ou 5 ans d'études universitaires (comme dans la réforme Darcos).
Les conséquences d’un tel système ont donc déjà bien été observées en Italie depuis les années 80
et c’est donc de celles-ci dont on va parler.
Précisons d'abord que la réussite à un concours déjà en 1980 ne  débouchait pas forcément sur
l’attribution d’un poste d'Enseignant.
Les lauréats du concours n’obtenant pas de poste étaient alors classés dans une liste d’attente dite ‘liste permanente (des profs habilités)’ déposée au Rectorat (correspondante à l’ANR : Agence Nationale de Remplacement prévue par Darcos :
http://www.rtl.fr/fiche/110777/l-agencenationale-
de-remplacement-kezako.html ), le classement se faisant selon un   nombre de
points calculés (au départ d’après la note finale du Concours et) par la 
suite en tenant compte des diverses expériences d’enseignement lors de remplacements ou vacations
effectuées.
La note du concours étant fixée une fois pour toute, la seule manière d’améliorer son classement
était d’effectuer des remplacements ou vacations (de 1 semaine à 9 mois) pendant que d’autres
collègues n'en faisaient pas (ou pas assez) ; des raisons de refus  peuvent être l’éloignement par
rapport au lieu de travail, la durée trop courte proposée …etc
Ce système a entraîné le grossissement des listes permanentes d' attente et une situation de grande
précarité. En voici les dérives les plus marquantes : La 1ère dérive naturelle a été que la période légale de tenue des concours, initialement prévue tous les deux ans, n’a plus été respectée ; par exemple quand 
j'ai obtenu mon agrégation en Italie en 1986 le concours ne se tenait pas depuis 9 ans
(1977) le concours qui a suivi mon recrutement s'est tenu encore 7 ans après en 1993 .....et ceci
malgré la LOI selon laquelle les concours devaient se faire tous les DEUX ans ...
On peut alors imaginer les milliers de candidats, la "confusion" et lesirrégularités administratives
continues qui entouraient ces concours, qui malgré tout étaient attendus comme des bouffées d’oxygène ....
Malgré la loi, l’orientation ministérielle était la suivante :
« Si on ne veut pas créer de poste, pourquoi faire des concours ? »
"Pourquoi financer l’organisation de nouveaux concours quand il y a une longue listed’attente de "qualifiés reçus précédemment aux concours" prêts à  faire des vacations, ce qui coûte alors beaucoup moins cher que des postes stables.... ? "
La règle est alors devenue la précarité avec à chaque fois un 'recrutement sous contrat pour un certain nombre d'heures'' de ''vacations", ceci pendant que les  meilleurs étudiants restaient en attente de concours éventuels pendant des années ou alors finissaient  par se diriger vers d’autres carrières.
La 2ème dérive immédiate a été la "régionalisation" du concours et des listes permanentes, due à cette énorme armée de candidats, avec toutes les irrégularités qui peuvent en découler à savoir « népotisme et clientélisme » : les murs du Rectorat étaient régulièrement tapissés de recours déposés par un professeur habilité contre un autre, ce dernier ayant été appelé pour un remplacement alors qu’il possédait moins de points.
La 3ème dérive, (la plus inattendue pour les futurs enseignants mais pas pour les partisans de la
concurrence à tout prix) a été que cette situation d’enseignants en attente a favorisé la naissance d’un grand nombre d'écoles privées .... Expliquons dans les détails ce piège infernal.
Il est fréquent qu’un enseignant en attente, après 2-3 ans d'inactivité, pour essayer de mieux se placer dans la liste permanente des habilités, accepte de travailler auprès d'une école privée.
L’Ecole privée, bien qu’elle soit en partie financée par l’Etat chaque année, affirme ne pas pouvoir supporter le coût d’un enseignant comme c’est encore le cas pour l'Ecole Publique.
Sous prétexte d’offrir des points elle négocie alors le salaire de l’enseignant embauché :
la plupart du temps, le privé offre à l’enseignant désespéré un salaire capable à peine de couvrir
ses frais de transport école-maison. Ce poste négocié selon la philosophie
« Enseignement gratuit (ou presque) contre points » devient finalement un poste d’enseignement
reconductible l’année suivante. Cette pratique n’a jamais scandalisé le Ministère ces
dernières 20 années.
http://partitodemocratico.gruppi.ilcannocchiale.it/?t=post&pid=2140142
Cette situation a concerné 50% de mes collègues et amis de cours de DEA.
Dans un tel climat de désespoir, cette pratique est encore actuelle et contribue à dévaluer totalement le métier d’enseignant. Les enseignants qui refusent de se soumettre à cet asservissement (soit les autres 50%, les mieux classés !) finissent  par ne pas enseigner.
Cette situation perdure depuis plus de 30 ans et règne encore souveraine en enrichissant de nombreux propriétaires d'Ecoles privées, légalisant ainsi le travail au noir, méprisant les mérites et le travail des individus en permettant l’accès plus rapide à l’enseignement au moins compétent et en condamnant les plus doués à l’inactivité. Le dernier concours en Italie s’est tenu en 1999 … .
Nous avons, donc, avec l’expérience italienne un aperçu des dérives engendrées par une réforme de Masterisation associée à une Agence Nationale de Remplacement(ANR)
En 2000 avec l’arrivée du 3-5-8 (LMD français selon la déclaration de Bologne) les règles ont
soi-disant changées …. Voyons comment :
Les concours déjà peu fréquents, trop coûteux et chaotiques ont été définitivement supprimés.
Ils ont été remplacés par deux années supplémentaires de formation diplômante avec examen final (donc : Master2 + 2 ans = bac + 7 ans ). A l’issue de ces 2 ans de formations dits de SSIS (Scuola di Specializzazione per Insegnamento Secondario), on acquiert le droit d’être inscrits dans les listes d’habilités et de travailler (plus ou moins) gratuitement pour le privé.
De plus, ces deux années sont payantes, l’étudiant paye des droits
d’inscription de 1600€ /an, (cequi en comptant 11.000 inscrits/an assure au Ministère un butin de 17,6
Million € /an) qui avec les autres taxes et livres deviennent 2500€/an, tout cela seulement pour
espérer de figurer dans des listes qui ne garantissent rien (mis à part l’exploitation 
par le privé !).
En fait ce diplôme remplaçant le concours (obtenu au niveau bac + 7 ans)
donne quelques
chances de rentrer dans le public seulement après la quarantaine.
Ces cours SSIS diplômants dans le métier de l’enseignement se sont tenus de 2000 à 2009 mais
pour 2010 le ministre les a suspendus et a verrouillé les listes permanentes de profs habilités.
Morale de l’histoire : dans la période 2000-2010 qui a suivi la Masterisation-Italienne le
Ministère a réussi à « vendre » le droit d’accès à la liste d’enseignement qu’on délivrait avant par
réussite au concours contre deux ans d’études payantes supplémentaires à chaque candidat soit
une rente de 3200€ par candidat. De plus, il faut préciser que le taux de réussite pour ce diplôme est de
seulement 20%.
Description de la situation Finale (30 après la masterisation)
Dans un rapport présenté à Rome le 11 février 2009 (par la Fondation 
Agnelli)
http://www.unimagazine.it/index.php/it/nazionale/prima_pagina/
attualita/5621_prof_italiani_i_pi
u_vecchi_d_europa
sur la situation de l’Ecole Secondaire en Italie on explique comment depuis la suppression des
concours dans les écoles l’âge moyen des Enseignants ayant un poste a explosé :
« L’Ecole Italienne a fait les cheveux gris ou même blancs : l’âge moyen
de professeurs pour leur premier poste stable a presque doublé et nous avons les profs les plus vieux
d’Europe »
La situation pour le futur est bloquée, avec les Ecoles de  Spécialistation SSIS fermées,
les concours supprimés, et les vieilles listes d’attente des profs habilités verrouillées :
nous sommes ainsi en train de perdre toute une génération  d’enseignants »
(et j’ajouterais) surtout on a bouleversé et étouffé la vie d’unegénération entière de jeunes.
Depuis 1999, l’âge moyen des enseignants s’est élevé de 4 ans : il est àprésent de 50 ans.
« Environ 13,7% de nouveaux profs a 50-60 ans et 1,2 (d’entre eux) a 
plusde 60 ans :
Il pourrait prendre sa retraite tout de suite après avoir eu son poste. »
L’ âge moyen des profs est passé :
Dans la maternelle dans les derniers 10 ans de 44,1 à 48,6 ans
Dans le CP-CM (élémentaire) est passé de 44,2 à 47,7 ans;
Dans le collège de 47,7 à 51,0 ans
Dans les lycées de 46,1 à 50,4 ans.
Au total de 1998 à 2008 on est passé d’un âge moyen de 45,7 à 49,4 ans..
Les professeurs ayant plus de 50 ans sont : 55% en Italie contre : 
47% en Allemagne, 32% en Grande Bretagne, 30% en France et 28% en Espagne
De plus pour 2009-10 une nouvelle suppréssion de 37.000 postes à été annoncée par le Ministère.
Sur le quotidien La Repubblica, (article de S. Intravaia, Dossier : Ecole & Jeunes )
http://www.repubblica.it/2009/03/sezioni/scuola_e_universita/servizi/
scuola-2009-10/piano-tagliscuola/
piano-tagli-scuola.html
on peut lire :
Voici les nombres officiels du Ministre de l’Education secondaire : disparition de 2 postes sur 3
37 mille postes de titulaire seront supprimés dont plus que la moitié a Méridion.
La plus pénalisée sera l’Ecole CP-CM qui perdra 15.541 titulaires (le  10%).
Cette manouevre sera réalisée en augmentant les heures hebdomadaires des enseignants titulaires
et les éffectifs des classes portés à 30 étudaints /classe. Elle privera de l’enseignement tous les
non-titulaires, remplaçants et vacatairs (diplômés SSIS).
Or sans vouloir insister sur les conséquences désastreuses d’un tel système d’accès à
l’enseignement on peut au moins rappeler que dans une condition de précarité similaire :
1) L’accès à la propriété devient un rêve réservé aux plus aisés de par
leur naissance.
Les banques ne concèdent aucun prêt pour financer l’achat d’un 
appartement
(même petit).
2) Fonder une famille devient une responsabilité très difficile à 
assumer.
Ceci explique les fameux jeunes-vieux italiens restant chez leurs 
parents
jusqu’ à 35 ans et plus
3) Beaucoup de familles jeunes sont maintenues par les retraites des
grands parents.
4) Bac + 7 ans (ou plus) pour accéder à une liste d’attente ou bien
travailler gratuitement(ou presque) pour le privé. Ensuite même plus 
ceci
(verrouillage des listes).
5) Les rôles d’éducation de la société et de transmission du savoir sont
confiés à des enseignants âgés, usés par leur parcours, gagnés par la
démotivation, la détresse, la fatiguela frustration …. Pendant ce temps
les plus jeunes et motivés sont condamnés à l’inactivité
Ce sont des dérèglements sociaux éxtrèmement graves
Les questions suivantes s’imposent :
Quel futur pour ce prototype de recrutement et d’Ecole ?
Est-ce cette Ecole est destinée à être définitivement remplacée par les
Ecoles privées ?
Etait ce bien (peut être) le véritable but fixé dès le départ ?
Quel futur pour une telle société
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